Redécouvrir l'importance de la dimension sonore demande de se mettre à l'écoute et de faire silence. Il devient alors nécessaire de pouvoir s'affranchir un temps, de se libérer du joug du regard, de se mettre en état de réceptivité et d'accueillir. La société imposant un tel vacarme d'images, sollicitations en tous genres, il est urgent de reconquérir notre propre territoire, cultiver et explorer notre imaginaire. C'est ici notre espace intérieur qui est en jeu. Il est alors probable que cette pratique, cette posture ou disposition pourrait conduir, peu à peu, à un changement dans nos rapports, dans nos aspirations.
«Ce n'est pas en faussant l'objet de notre regard et de notre admiration que nous parviendrons à les rendre lucides et sereins. C'est en créant à l'intérieur de nous-même une nouvelle manière de sentir et de voir.»
Antonio Mora (Fernando Pessoa)
Plongeant ses mains dans l'argile de son intériorité, les sculptures de Gilles de La Buharaye ont ceci de particulier qu'elles ne s'adressent pas seulement à notre sensibilité, mais plus encore, peut-être, à ce que Schopenhauer nommait, avec sa acuité habituelle : le besoin métaphysique de l'homme. Tel un philosophe des formes cherchant sans cesse les moyens formels d'ouvrir, dans la conscience de ses spectateurs, une porte, les oeuvres de cet artiste non voyant nous invitent à descendre en nous-même afin que, nous aussi, nous puissions faire l'expérience de leur silence envoûtant.
Que ce soit dans « Le chromosome danseur » ou bien encore dans « Nataraja » (ainsi nommée en l'honneur de la figure dansante de Shiva), ce qui intéresse Gilles de La Buharaye n'est pas tant de faire référence à une figure ou un objet du monde que de saisir, à même le bronze, l'élan de ses visions intérieures. C'est pourquoi, il serait vain de vouloir réduire le sens de ces figures à ce qu'elles représentent. Car ce qui compte, ici, n'est pas tant d'être capable de décrire avec précision leur dimension symbolique (comme nous pourrions être tenté de la faire à propos de son oeuvre intitulée, «la porte de verre» - qui n'est pas sans évoquer le célèbre « stade du miroir » de Jacques Lacan), que de nous sentir, à notre tour, emporté par la chaleur du souffle qui les anime, par l'intensité du mouvement qui les emporte.
Ni vraiment figuratives, ni tout à fait abstraites, les sculptures de Gilles de La Buharaye plongent leur racines dans l'art sacré de l'Inde ou des celtes – tout en ajoutant à ce fond mythologique, un traitement stylistique inspiré de l'art africain. Voilà pourquoi, peut-être, les créations de cet artiste semblent n'appartenir à aucune culture particulière, ni à aucune époque. Et pourtant – et c'est bien là ce qu'il y a en elles d'envoûtant - il n'en demeure pas moins qu'envers et contre leur nomadisme formel, ces sculptures ont le pouvoir de s'adresser à ce qu'il y a, en nous, de plus universel - à savoir : aux structures et archétypes qui gisent au plus profond de notre inconscient.
Plunging his hands into the clay of his inner life, the sculptures of Gilles de la Buharaye are unique in that they are not just our sensibility, but even more, perhaps, that Schopenhauer called with his usual acuity: the metaphysical need of man. As a philosopher forms constantly seeking ways to open formal, conscious of his audience, a door, this artist saw not invite us to go in ourselves so that we too can do the experience for their silence spell.
Whether in "chromosome dance" or even in "Nataraja" (named in honor of the dancing figure of Shiva), what interests Gilles de La Buharaye is not so much refer to a figure or an object of the world to enter, out of the bronze, the momentum of his inner visions. Therefore, it would be futile to try to reduce the meaning of these figures that they represent. For what counts here is not to be able to accurately describe their symbolic dimension (as we might be tempted to make about his work entitled, "The glass door" - that is reminiscent of the famous "mirror stage" of Jacques Lacan), to feel that, in turn, carried away by the heat of the breath that animates them, the intensity of the movement that carries them.
Frédéric-Charles Baitinger
Critique d'Art
Artension
Les portes de la perception par Frédéric Charles Baitinger, critique d'art.
Bonjour, je suis sculpteur non-voyant à la recherche de galeries pour exposer mon travail, mes bronzes.
http://www.gillesdelabuharaye.com
Hello, I am blind sculptor searching contacts and galleries to show my work, my bronzes to make exhibitions in France, Europe, Canada and USA.
http://www.gillesdelabuharaye.com
Cela pourrait être en effet une formule pour parler de mon travail de création, sculpture, musique.
Un bon résumé ! Dove sono gli uccelli ?
Et la langue italienne me paraissant parfaitement convenir pour exprimer au plus juste mes aspirations, mes recherche et démarche.
Où sont les oiseaux pour la traduction. Cela sonne moins en français et semble d'un coup plus terre à terre, moins poétique.
Dove sono gli uccelli ?
Une invitation à prendre son envol, de l'altitude, de l'espace. Rechercher cette liberté, cette légèreté des oiseaux...
This could indeed be a formula to talk about my creative work, culpture, music.
A good summary! Dove sono gli Uccelli?
And the Italian seemed to me perfectly appropriate to express with just my aspirations, my research and approach.
Where are the birds for translation. It sounds less French and seems at once more mundane, less poetic.
Dove sono gli Uccelli?
An invitation to take off, height and more space. Search the lightness, freedom of the birds ...
il y a d'abord eu la musique pendant de nombreuses années, le piano, l'enseignement, les concerts.
L'aventure de la composition, la rencontre des musiques d'orient et d'occident. Il y a eu, à la croisée des chemins, le jazz, le celtique, les couleurs du moyen orient et de l'Inde.
Et puis un jour il y eût la rencontre avec la terre, le bronze, la sculpture.
Contact, dialogue avec l'intime, l'intime nourri de musiques, d'émotions, de mémoires. C'est un itinéraire, un parcours où l'imaginaire est convoqué pour tenter de traduire, d'exprimer, à travers la matière, une mise en mouvement, une mise en perspective. Passage, mépamorphose, lente alchimie entre intérieur et extérieur, une mise à jour.
C'est une recherche des lignes, tension des courbes, rythme ou géométrie.
- Je parlerai de la joie, de la jubilation de créer, de façonner, de donner vie. Acte magique et toujours aussi mystérieux dans le silence du face à face. -
process creation
First there was the music for many years, the piano, teaching and concerts.
The adventure of the composition, the meeting of music from East and West. There have been at a crossroads, jazz, Celtic, the colors of the Middle East and India.
And then one day he would meet with the land, the bronze sculpture.
Contact with the inner dialogue, the intimate music-fueled, emotions, memories. It is a journey, a journey where imagination is convened to try to translate, to express, through matter, a formal movement, a development perspective. Passage mépamorphose, slow alchemy between interior and exterior updates.
It is a research lines, power curves, rhythm or geometry.
- I would talk about the joy, the jubilation of creating, shaping, to give life. Magic act and still mysterious silence about the encounter. -
article vaucluse magazine octobre 2010
Musicien et sculpteur : Gilles De La Buharaye, l’artiste non voyant
Au doigt et à l’oreille
«On a toujours envie de raconter des histoires». Et Gilles De La Buharaye a sa manière à lui de mettre des images en tête, des sonores puisqu’il est non voyant. « Vous pouvez dire aveugle, c’est pareil » dit l’Avignonnais en tapotant avec sa canne blanche et en faisant «coin-coin» avec la petite corne rouge en plastique qui lui sert à signaler sa présence. Gilles De La Buharaye est un artiste musicien et sculpteur. Musicien d’abord : A la longue, le prof qui donne des leçons de piano est parti en vadrouille vers d’autres sonorités, comme les dernières qui s’intitulent « Harmoniques et résonnances », le concert qu’il a donné au festival de Millau en juillet dernier en jouant du piano debout, penché sur l’intérieur de l’instrument ouvert, pour mieux titiller, frapper et picorer les cordes avec ses doigts. Comme des airs de Santour iranien découvert au détour de rencontres, comme les musiciens indiens avec lesquels il a travaillé à l’occasion d’un voyage qu’il espère bien refaire en 2011, dans l’Himalaya, « un territoire privilégié pour le son qui donne l’identité d’un pays ». A tel point que ses cartes postales à lui sont sonores, rien que pour casser « le monopole de l’image », une tyrannie devenue domestique. « Et les sonorités alors ? » demande le non voyant dont les cartes sont autant de bruits, de bruissements et de musiques de la vie quotidienne, glanées ici et là. L’agence marseillaise de « Voyageur du monde » lui a ouvert ses portes au mois de juin, en duo avec une photographe pour faire profiter le visiteur, à la fois, de l’image et du son qui illustre également le site internet du voyagiste.
« Finalement je me considère comme très visuel et sensoriel » dit encore le musicien sculpteur qui joue aussi avec ses mains et ses doigts pour créer, modeler les formes de ses sculptures, bronzes, terres cuites, bois flottés. Des portes stylisées aussi. « C’est arrivé d’un coup, les portes. J’ai percé l’une de mes sculptures monobloc, j’ai senti un élan. Je suis très attiré par les passages, ce qui permet d’aller ailleurs ». Comme les sons finalement.
Huges Masoch
Après des années consacrées à la pratique de la musique, enseignement et concerts au sein de formations diverses, Gilles de La Buharaye compositeur, s'est tourné vers le piano solo. Une ORIENTATION, une expérience plus exigeante, lui permettant d'explorer des horizons plus intimes.
Ses influences se situent entre jazz et pays celtes, entre orient et occident. Mon travail actuel se concentre sur MA démarche HARMONIQUES ET RESONANCES, un système de Jeu sur les cordes de l'instrument, faisant émerger de nouveaux espaces, de nouveaux territoires sonores propices à la méditation. Une démarche que je souhaite plus contemplative, plus intérieure.
Je suis à la recherche de la couleur, l'harmonie, l'incantation qui ouvrent les portes de la perception, le rythme à l'origine de la transe.
C'est une plongée, une immersion en eau profonde, une rencontre. Cela me reconnecte directement avec ma composition Kalam de 2002. Répétition de la même note qui peu à peu s'enroule, se déroule comme un fil, circonvolution d'une mélodie minimaliste.
harmonics and resonances
After years spent practicing music, teaching and giving concerts in various formations,
Gilles de la Buharaye composer, turned to the piano solo. Guidance, experience more challenging, allowing him to explore more intimate horizons.
His influences range from jazz and Celtic countries, between East and West. My current work focuses on MA AND HARMONIC RESONANCES approach, a game system on the strings of the instrument, bringing out new spaces, new sonic territory conducive to meditation. An approach that I wish more contemplative, more interior.
I'm looking for color, harmony, the incantation that opens the doors of perception, the pace at the origin of the trance.
It's a dive, a deeper water, a meeting. It reconnects me with my composition directly Kalam in 2002. Repeating the same note, which gradually wraps, runs like a thread convolution of a minimalist melody.
Au fil du temps, je découvre, avec toujours autant de surprise et d'étonnement, la diversité, l'immense étendue et richesse des territoires sonores. Couleur, relief, géométrie, volume. L'activité humaine recélant tant de facettes et de visages, multiplicité de ses géographies. Catalogue d'images sans cesse en mouvement, renouvelé, nourri par toutes la palette des émotions de l'âme humaine. L'activité de la société, selon son appartenance, son identité culturelle, est un creuset où s'inscrivent l'empreinte, la signature sonore d'un lieu, d'un groupe, d'un individu. Il y a le continent du son, le continent de l'image. Les 2 sont à la fois liés, indissociables et pourtant bien distincts. Passerelle, interaction entre les 2 modes de perception.
Je tente, à travers ma démarche de cartes postales ou paysages sonores, d'explorer, de cartographier l'éventail des sonorités, prendre la mesure de cette dimension. Ainsi sollicité, l'imaginaire produira tout un foisonnement, bourgeonnement d'images, faisceau d'indices et de paramètres. Chaque situation, dévoilant ses marqueurs,est comme une vaste mosaïque aux variations infinies. Timbres, tonalités, accents, musicalité de la langue...
Capturer le son reste toutefois une démarche relativement marginale dans une société
entièrement régie par l'image. Monopole écrasant, reléguant bien souvent le sonore au rang d'illustration. Des îlots bien encrés, toutefois demeurent, affirmant depuis lontemps leur présence. Proximité, intimité de la radio.
Il n'en est pas moins vrai et singulier, d'appréhender l'environnement à travers le seul prisme du son. Cette posture me conduit à entrer plus étroitement en résonance, en contact avec une certaine intimité de l'autre. Véritable baromètre et seul support dans lequel je viens puiser, capter mes sources d'informations. En l'absence du regard, je vis, j'évolue en permanence, parfois comme un exilé du visuel, dans les univers sonores. Cette réalité induit une sensibilité, une réceptivité à toutes les modulations, fluctuations et infimes changements de la voix.
soundscapes
over time, I discover, always with great surprise and astonishment, the diversity, richness and vast expanse of sonic territory. Color, relief, shape, volume. Human activity holds so many facets and faces, its multiple geographies. Catalog of images in constant motion, renewed, nourished by all the range of emotions of the human soul. The activity of the company, according to its membership, its cultural identity, is a crucible where the register mark, the signature sound of a place, a group of individuals. There is the continent of sound, the continent's image. The two are both related, indivisible and yet separately each well. Gateway, interaction between the two modes of perception.
I try, through my approach postcards or soundscapes, exploring, mapping the range of sounds, take the measure of this dimension. Solicited as well, imagination will produce a profusion, budding of images of indices and parameters. Each situation unveiling its markers, is like a vast mosaic of infinite variations. Stamps, tones, accents and musicality of language ...
Capturing the sound remains relatively marjinale approach in a society
entirely governed by the image. Crushing monopoly, often relegated to the rank of the noise figure. Islets well inked, however, remain, A long-time asserting their presence. Proximity, intimacy of radio.
It is nevertheless true and singular understanding of the environment only through the prism of sound. This stance leads me to come in closer resonance in contact with some privacy from each other. True barometer and only medium in which I just draw, capture my sources of information. In the absence of light, I saw, I move continuously, sometimes as an exile of visual noise in the universe. This fact induces sensitivity, receptivity to all modulations, fluctuations and small changes of the voice.
La voix ou un chemin vers l'autre.
Etre non-voyant, vivre, évoluer et appréhender le monde en dehors du regard, implique un changement de posture, de paradigme. La voix reste le vecteur essentiel et privilégié de la rencontre avec l'autre. Expression sonore de la parole délivrant son faisceau d'images et d'informations. Indices, paramètres permettant
de mesurer l'interlocuteur, inflexion, rythme, timbre, musicalité, voix chaude ou froide, métallique ou veloutée, colorée ou monochrome. Fluctuation, caractère rugueux ou lisse de la voix, souple, dure, souffle... C'est le grain de la voix.
Ses couleurs, ses nuances sont multiples.
C'est avant tout, une écoute, l'écoute de l'autre, de sa parole, l'émotion, la sensibilité contenues dans son message, dans son discours, l'intensité, l'intention.
A l'écoute de l'autre, sans l'appui du regard, il est donné de ressentir et capter ce qui est derrière, en arrière plan, en filigrane. La voix :
une signature sonore de chacun, son intimité, sa carte d'identité.
Géographies intérieures révèlant son état, ses attentes, ses tensions, son histoire. Figures géométriques, mosaïques ou variations à l'infini, reliefs, paysages.
Chaque nouvelle voix est un voyage, la découverte d'une terre inconnue, un univers en mouvement.
voice
voice or a path to another.
Being blind, live, grow and understand the world outside sight, involves changing the posture of paradigm. The voice is the key vehicle
and privileged to meet with each other. Musical expression of his speech delivering beam images and information. Indices, parameters for
measure the contact, inflection, rhythm, tone, musicality, voice warm or cold, metallic or velvet, colored or monochromatic. Fluctuation character
rough or smooth voice, soft, hard, breath ...
The grain of a voice.
its colors and shades are multiple.
Above all, listening, listening to the other of his word, emotion, sensitivity contained in his message in his speech, intensity, intent.
Listening to the other, without the support of the gaze, it is given to experience and capture what is behind, in the background watermark. The voice is the signature
each sound, his privacy, his identity card.
Geography Home revealing his condition, expectations, tensions, its history. Geometric, mosaic or changes to infinity, landforms, landscapes.
Each new voice is a journey, the discovery of an unknown land, a universe in motion.
Sculpter, façonner la terre, après de nombreuses années consacrées à la pratique de la musique, est une démarche qui répond à un besoin profond,
exigence et recherche d'enracinement. C'est un dialogue permanent avec la matière, un mode d'ancrage et d'expression. Un bonheur, une joie de pouvoir créer et donner vie.
Chaque sculpture est une histoire, un parcours, une aventure particulière, un moment dans ma création.
C'est avant tout une rencontre avec moi-même. Laisser la place à l'imaginaire, l'inspiration, le souffle. Tenter de traduire et transcrire mes émotions, mes attentes, mes désirs.
Tout est rythme, mouvement, vide et plein, présence et absence. Il y a le visible et l'invisible, le tangible et l'impalpable. Quelle est la réalité du monde qui se dissimule, se cache derrière l'image ? Comment percevoir et ressentir le langage d'un volume, comment entrer en contact et en résonance avec cette dimension, emprunter cette voie ?
Je parle ici d'une démarche qui cherche à établir une relation, un échange entre intérieur et extérieur.
Enfin, que faisons-nous des portes de la perception ?
le passage
Il s'agirait ici de parler de la notion de passage. D'un espace à un autre, d'un état dans un autre. Lieu de modification et de transformation. Une brêche, une ouverture, une porte pour tenter d'appréhender de nouveaux territoires ou modes de perception. Cette réflexion, inscrite dans le bois, dans le bronze, est une mise en perspective, une mise en mouvement. Volume, architecture, géométrie ou tension des courbes, il est, avant tout question d'une rencontre.
sculpting, shaping the earth, after many years spent practicing music, is an approach that meets a basic need,
requirement and search for roots. This is an ongoing dialogue with
material, a mode of anchoring and expression. A
happiness, a joy to create
and give life.
Each sculpture is a story, a journey, an adventure
special moment in my creation.
It is above all a meeting with myself. Leave room
to imagination, inspiration, breath, translate,
transcribe my feelings, my expectations and desires.
Everything is rhythm, movement, empty and full, and presence
absence. There is the visible and the invisible, the tangible and
impalpable. What is the reality of the world which conceals
behind the image. How to perceive and feel
the language of a volume, how to get in contact and
resonance with this dimension, this route.
I speak here of an approach that tries to establish a relationship,
exchange between inside and outside.
Finally, what do we do the doors of perception.
passage
It would be here for me to talk about the notion of passage. One space to another, from one state to another. Instead of editing and processing. A breach, opening a door to try to understand new areas or modes of perception. This reflection, written in the wood, in bronze, is a perspective, a formal motion. Volume, architecture, geometry and voltage curves, it is above all a question of a meeting.
Etant passionné de son, de prise de son, c'est le micro à la main que je voyage. Comme le
photographe, le chasseur à l'affût, je cherche le son rare, l'instant fragile, unique, insolite.
je suis un guetteur des ambiances, à la recherche de la situation qui me surprendra, me transportera, me bousculera. J'aime me laisser envahir par l'activité d'un lieu, d'une rue, d'un
marché ; ressentir et capter l'acoustique d'un temple, d'une place, sa couleur, toute la palette sonore qui lui donne son empreinte, son identité. Chaque son devient alors un indice, un paramètre pour mesurer l'espace, un élément d'information,
un mode de communication.
Dans mes enregistrements, j'accorde une grande place à la voix humaine. Elle renferme et exprime tant d'émotions, de géographies intérieures. Cris ou appels, rires d'enfants, grouillement d'une population, une musique qui s'élève, l'écho
d'une voix.
Sur le terrain, j'ouvre mon micro puis je cartographie l'espace. J'aime ainsi mettre en relief les différentes strates sonores d'un lieu, faire ressortir la profondeur, les
perspectives. Savoir saisir, anticiper le moment, l'éphémère, la magie d'un son. Cela demande d'être attentif et curieux, d'être dans une posture d'écoute accrue.
process audio postcards
Being passionate about sound, sound recording, the microphone in hand as I travel. As
photographer, a hunter on the watch, I look for his rare,
yet fragile, unique, unusual.
I am a watchman environments in search of
situation that surprises me, carry me, shakes me. Like
I am overwhelmed by the activity of a place, a street,
market capture the feel and sound of a temple, a
Instead, its color, the whole palette of sound that gives it its
impression, identity. Each sound is a cue,
parameter to measure the space, a news item,
a mode of communication.
In my records, I attach great way to voice
human. It contains and expresses so many emotions,
domestic geographies. Calls or cries, the laughter of children,
a bustling population, a rising music, the echo
one vote.
On the ground, I open my microphone and then I mapping
space. Love and highlight the different
layers of sound from one place, highlighting the depth,
perspectives. Seizing, anticipating the moment, the ephemeral,
a magical sound. It requires attention and curious
to be in a listening posture increased.
Marcher dans une rue peut paraître anodin. Gens ordinaires, bruits de moteurs, de bouteilles, odeurs d’humidité rampante. Jour triste. Règne de la voiture anthropomorphisée, de l’insulte gratuite, de l’agression aveugle. Gilles marche avec un désir. Difficile à saisir tant la « bête multiforme et polycéphale » selon Platon ronge son quotidien. Qui sont ces bruits ? Que sont ces hommes ? Désir paradoxal d’une répulsion qui attire. Avignon et son sinistre dimanche après-midi, avec le mistral qui s’engouffre dans les ruelles pavées, qui faisait pester Kérouac. Avignon dos au mur, dos à son Palais, coincée entre Rhône et Durance. La grande séductrice se prendrait bien pour Rome. Elle en a le talent. Elle vit bien de ses charmes.
Mais Gilles circule en regardant par delà l’évidence plastique de la ville. Il met en résonnance le chaos qu’il perçoit et tente de lui donner une forme. C’est d’abord sous ses mains qu’il travaille ce corps flottant qui n’est que douceur. Des mains hésitantes, pudiques, qui caressent la glèbe et la relie à l’imaginaire. C’est aussi le bois flotté qui est convoqué dans un corps à corps amoureux. Rien de plus doux qu’un amour silencieux qui naît d’une rencontre fortuite lors d’une marche sur une plage déserte. Personne. Puis soudain une forme. Un corps. Un corps inerte. Posé. Presque effacé. Gilles sait garder le silence devant le beau – se laisser approcher par le rien. Puis naissent de ses caresses des liens indéfectibles avec cette matière-amie, insaisissable mais qu’il tente d’approcher discrètement. D’extraire du néant de ce regard humain qui ne voit vraiment rien. Sauver cette beauté de l’écrasement promis. Gilles a pris conscience de la disparition promise de cet autre ; ni fleurs ni condoléances. Il se fout du « show must go on ». C’est Ici et Maintenant que la vie se joue. Se joue de nous – certes. Mais c’est aussi ici que le désir prégnant de vivre l’étreint. Plus le temps de le perdre en vaines discussions. Gilles se retire. Il se replie. Non pour se cacher au monde, s’enfermer, entrer dans la pénombre. Il se retire pour mieux entrer en résonnance avec tous ces bruits lointains qui s’agencent dans son imaginaire. Ces bruits prennent forme. Il existe une architecture du bruit comme il existe une architecture urbaine. L’édifice diffère. D’un côté l’architectonique tisse un lien avec les invisibilités – mais devient sonore, de l’autre, il y a ces fortifications, ces églises, ces temples.
Gilles écoute la voix de Deleuze qu’il sample a l’infini. Puis il y a cet air d’Ispahan avec le sourire désabusé de ce très vieil Adam. Le santour vibre, volette, tourbillonne autour de cet espace frappé de ce ténébreux silence. Le son tend à pénétrer dans les tissus, dans chaque mots, chaque souffle. La méditation devient un vice solitaire : « j’aime la transe…solitaire…oui… ». Se laisser absorber, observer, saisir par le son que l’on guette depuis si longtemps. Gilles attend. Il a préparé ce qu’on appelle « le bourdon », le support sur lequel viendront se poser mélodie et musique. Le bourdon, c’est un peu comme la grande messe qui précède la communion, l’état de grâce. Sorte d’appel vers le Tout. Subjugation. Envoûtement, ravissement « Au-delà de l’épaule de ma femme, je vis un cerf qui nageait en direction du phare ».
Puis Gilles plonge dans son Schimmel –
«je viens de le faire accorder» glisse-t-il dans un sourire. Et les voix de Deleuze, qui martèle quelque aphorisme, se mêlent à la météo marine qui annonce un vent d’intensité force 4, tempéré par les claquements de cordes du Oud. On a compris que Gilles été « ailleurs » - on peut alors rester, s’asseoir et écouter l’effacement plastique que cet univers sonore génère. Sorte de bain de jeunesse. On peut aussi prendre la porte et essayer de marcher les yeux fermés, en pensant au bois flotté ramassés non loin de ce paradis du petit rien. On peut aussi s’arrêter de penser, rester là, assis sur cette marche d’escalier, les yeux fermés sur le sombre humide. Autoriser son esprit à lâcher du lest ; ne plus avoir peur de souffler. Se donner le temps de penser que si tout cela existe, nous est offert, ce n’est pas pour rien.
C’est en cela que les silences de Gilles allument des feux, des paraboles argentées, dans lesquels les soupirs déracinés plongent dans une terre véritable. Celle des rires d’enfants.
Philippe Laroudie – Dimanche 28 octobre 2007
Paramnesia - or paradise Gilles
Walking down a street may seem harmless. Ordinary people, engine noise, bottles, smells moisture creeping. Sad day. Reign of anthropomorphized car, the gratuitous insults, the blind aggression. Gilles walk with a desire. Elusive as the "multifaceted and many-headed beast" according to Plato eats his daily life. Who are these noises? What are these men? Paradoxical desire of attracting a repulsion. Avignon and its loss on Sunday afternoon, with the mistral rushing into the streets paved, which was pester Kerouac. Avignon back to the wall, back to his palace, sandwiched between the Rhone and Durance. The great seducer would be good for Rome. She has the talent. She saw that her charms.
But Gilles running by looking beyond the obvious plastic city. It uses resonant chaos he sees and tries to shape it. It is first in his hands he works this floating body which is only gently. Hand tentative, modest, that caress the soil and connects to the imagination. It is also the driftwood which is convened in a melee in love. Nothing sweeter than a silent love which springs from a chance encounter while walking on a deserted beach. Person. Then suddenly a shape. A body. An inert body. Posed. Almost erased. Gilles knows how to keep silent before the beautiful - can be approached by anything. Then arise from its inextricable links with caresses of this matter-girlfriend, elusive but he tries to approach quietly. To extract the nothingness of the human eye that sees nothing really. Save this beauty of the crash promised. Gilles became aware of the disappearance of that promised otherwise, or flowers or condolences. He does not care about the "show must go on." Here and Now is that life is played. Is playing with us - certainly. But it is also here that the desire to live prégnant hugs. More time to waste in fruitless discussions. Gilles withdrew. He folds. Not to hide from the world, shut himself up, into the darkness. He retired to better resonate with all these distant sounds that fit together in his imagination. These sounds take shape. There is an architecture of sound like there is an urban architecture. The building is different. On the one hand the architectural weaves with invisibility - but becomes sound, on the other, there are these fortifications, churches, temples.
Gilles Deleuze listens to the voice of that sample infinity. Then there's that air of Isfahan with the wry smile of this very old Adam. The santoor is vibrating, fluttering, swirling around this area struck by the silence borer. The sound tends to penetrate into the tissues, in every word, every breath. Meditation is a solitary vice: "I like trance ... lonely ... yes ...." Be absorbed, to observe, seize the sound you watching in so long. Gilles awaits. He has prepared what is called "the bumblebee", the medium on which will arise melody and music. The drone is a bit like the great mass that precedes the communion, the state of grace. Kind of appeal to the whole. Subjugation. Enchantment, delight "Beyond the shoulder of my wife, I saw a deer swimming towards the lighthouse."
Gilles then plunges into his Schimmel -
"I just did grant he slips into a smile." And the voices of Deleuze insists that some aphorism mingle with the marine forecast announces a force 4 wind intensity, tempered by snapping strings of oud. We realized that Gilles was "elsewhere" - then you can stay, sit and listen deletion plastic that generates sound universe. Sort of fountain of youth. We also take the little door and try to walk with eyes closed, thinking of driftwood picked up not far from this little paradise there. It can also stop to think, sit there on the stair with closed eyes on the dark wet. Allow his mind to throw out ballast, not to be afraid to breathe. Give yourself time to think that if all that exists, we are offered, it's not for nothing.
This is where the silences Gilles, lighting fires, parables silver, where the sighs uprooted plunge into a veritable land. That the laughter of children.
Philippe Laroudie - Sunday, October 28, 2007
Nataraja ne peut se laisser réduire à une seule vision. Car le propre de la vision est d’être plurielle, en ce qu’elle dépend de chacun. Une vision « unique » serait la vision totalitaire. Pas plus que la vision, l’art ne se laisse asservir par une lecture univoque. Sa richesse de vie puise beaucoup dans son pouvoir tellurique d’évocation. Des images naissent abondantes spontanément en nos esprits. Elles divergent. On les échange. Rien n’est commun. Nataraja convoque cette diversité de regards, de cultures, d’approches. Œuvre de naissance, elle est aussi tendue vers une spiritualité féconde. Comme dans d’autres sculptures de Gilles, les mains jouent un rôle de catalyseur d’énergie. Tendues vers le ciel, elles recueillent plutôt que d’implorer. Tout l’être s’anime à partir de cette « main en acte ». Une main qui unit les corps, les fait se rejoindre, se rapprocher. La main donne à l’œuvre sa vie, son poli, sa matité et son animalité. C’est par elle que le corps de la sculpture, énergique, émerge de l’oubli. Sans elle, l’œuvre ne verrait pas le jour ; seuls les matériaux qui la composent existeraient à l’état de matière – inertes. Là, le bronze en fusion a connu le trouble de la métamorphose. D’immobile qu’il est, le voilà profondément animé, interpellé, oscillant et troublant. Main comme lieu de passage, tout comme le visage – passage de l’émotion, de la vie, de l’échange. Source de plaisir. Nataraja est une œuvre qui se caresse, se ressent et s’imagine. L’œil seul ne peut permettre d’approcher cette sculpture tant il est (sur)chargé par la pesanteur d’une culture diffuse qui s’égare dans la convoitise des sens, plutôt que d’explorer l’essence de ce qui existe, par delà le perceptif, le visuel. En cela, Nataraja est une sculpture qui s’affranchit de la préhension par le visible pour nous conduire vers des invisibilités – une autre façon d’aborder le réel en acte.
Nataraja can not let it reduce to a single vision. For the peculiarity of the vision is to be plural, because it depends on each one. Vision "unique" would be a totalitarian vision. Nor the vision, the art does lets himself be dominated by an unequivocal interpretation. His wealth of life draws heavily in its power to evoke LBS. Images are born rich, spontaneously in our minds. They diverge. They are exchanged. Nothing is common. Nataraja call this variety of looks, cultures, approaches. Implemented by birth, she is also tending towards a fruitful spirituality. As in other sculptures of Gilles, the hands play a catalytic role of energy. Reaching for the sky, they collect rather than beg. Whole being comes alive from this "hand in action." A hand that unites the body, makes them come together, get closer. Hand gives the work its life, its polish, its dullness and animality. It is through the body of the sculpture, energetic, emerging from oblivion. Without it, the work would not see the day, with only the materials that compose exist in a state of matter - inert. There the molten bronze has experienced the disorder of metamorphosis. On it is immobile, he's deeply animated arrested, oscillating and disturbing. Hand as a place of passage, like the face - a shift from emotion, the life of trade. Source of pleasure. Nataraja is a work that caress, felt and imagined. The eye alone can not afford to approach this sculpture as it is (over) loaded by the weight of a widespread culture that gets lost in the lust of the senses, rather than exploring the essence of what exists, beyond the perceptual visual. In this, Nataraja is a sculpture that overcomes the gripping visible to lead us towards invisibility - a different approach to real action.
Les déserts sont nombreux sur la terre. La désertification augmente, l’atmosphère se réchauffe. Le principal acteur ? L’homme, comment en douter. Les Européens habitués à leur confort bien tempéré prendront peut-être conscience du danger lorsque le Sahara viendra s’installer à leur porte. Après avoir grignoté les marges steppiques de l’Afrique du Nord. Ici la sculpture pose la double question du sens du passage. Entre-t-on dans le désert ou en sort-on ? Suivant le sens de la marche ou de la démarche, le passage de la porte n’aura pas les mêmes conséquences. Au-delà le sens « politique » de l’œuvre, La porte du désert est éminemment métaphorique. La sortie d’une ville moyen-orientale se fait souvent pas une porte…et peut conduire au désert. Le désert est le lieu de l’isolement profond, de la solitude méditative, de la longue marche initiatique. C’est aussi le tropisme vers lequel l’eau devient précieuse car rare. Si l’on passe la porte pour entrer dans la ville, c’est le retour aux habitudes, aux bruits, à la turbulence urbaine. L’œuvre d’art dégage cette puissance de mettre en branle nos sens et de nous conduire grâce à l’imaginaire vers une réflexion plus dense. En cela elle est force de vie car elle nous sauve de l’égarement, d’une tendance naturelle à l’oubli. Oubli que cette vie, comme l’œuvre sculptée, fut-elle de bronze, n’en n’est pas moins une œuvre fragile à préserver de toutes ses forces…et à partager. L’œuvre est alors en elle-même une porte qui nous ouvre d’autres portes dont chaque verrou est solidement tenu clos par nos peurs ataviques. A chacun de faire sauter ces verrous : regarder l’œuvre dans toute sa fraîcheur est déjà un premier pas.
Deserts are numerous on the earth. Desertification increases, the atmosphere warms. The main actor? Man, how doubt it. The Europeans used to take comfort Well Tempered perhaps aware of the danger when the Sahara will settle on their doorstep. After eroded margins of the steppe in North Africa. Here the sculpture raises the twofold question of the meaning of the passage. In between there in the desert or out there? Depending on the direction of walking or gait, the passage of the door will not have the same consequences. Beyond the sense of "political" work, The door of the desert is highly metaphorical. The output of a Middle Eastern city is often not a door ... and can lead to desert. The desert is a place of profound isolation, loneliness, meditation, initiation of the long march. It is also the tropism toward which the water becomes valuable because rare. Turning the door to enter the city, it's back to the habits, noises in urban turbulence. The work of art emerges that power to move forward with our senses and lead us through the imagination to think more dense. In this it is life force because it saves us from error, a natural tendency to forget. Forgetting that life, like the sculpted work, be it bronze, is nonetheless a fragile work to preserve all its strength ... and to share. The work is then itself a door that opens more doors each of which locks are held securely closed by our atavistic fears. Each of these locks to blow: Watch work in all its freshness is a first step .---------
A 236
A 236 est un bronze particulier. Il évoque à la fois une tension, une progression, un passage dans la forme qui s’affine, s’étire que dans la couleur qui se dérive dans un camaïeu de nuances claires et lumineuses. Tant de lumière surprend dans un bronze qui de part sa nature évoque dans l’imaginaire une masse éteinte, après la fusion. C’est ici tout l’art et la douceur qui s’émanent dans un hymne à la vie des mains de Gilles. Une œuvre qui laisse une large part à l’imaginaire, même si une première « lecture » laisse entrevoir deux corps enlacés. L’appel vers le céleste – en ce qu’il a de « ciel », de non terrestre est difficile à ne pas ressentir.
A 236 is a special bronze. It evokes both a tension, an increase, a shift in the refined form, extends only to the color that is derived in shades of light shades and bright. So much light in a surprise bronze by its nature evokes in the imagination a mass off, after the merger. This is where the art and the sweetness that s'émanent in a celebration of life at the hands of Gilles. A work that leaves a large part to the imagination, even if the first "reading" suggests two entwined bodies. The call to the sky - in that it has "heaven", non-land is hard not to feel.
Le Chromosome danseur 1
Le Chromosome danseur 1 est une démarche en ce sens que l’artiste sculpte évidemment un corps porteur de sens, mais surtout nous conduit vers un ailleurs. L’évidence est celle d’un corps en mouvement, un corps qui danse, mais aussi celle d’un corps en tension et même si le terme est fortement connoté de religieux, en ascension. Les mains levées abandonnent la pesanteur qui conduit naturellement à l’inertie. Ici, elles se dressent contre un réel inerte et semblent appeler la vie dans ce qu’elle a de plus primordial, de plus profond et finalement…de plus spirituel.
Chromosome 1 is a dancer in that process the artist carves a body obviously meaningful, but also leads us to another place. The evidence is that of a body in motion, a dancing body, but also that of a body in tension and even if the term is highly religious connotations in ascension. The hands drop the weight, which naturally leads to inertia. Here they are up against an inert and seem to call real life in what is more important, deeper and more spiritual ... finally.
Le Chromosome danseur 2
Le Chromosome danseur 2 réunit la perfection plastique, la maîtrise technique – ici dépassée, le message implicite et l’art de conduire le spectateur vers un possible – contemplatif. L’œuvre est éminemment musicale, très vibratile, pulsatile. Et dans ce qu’elle a d’ambivalent, un peu comme tout œuvre réussie, elle porte l’empreinte d’une profonde douceur, d’une unité de composition sereine. Au-delà la beauté de l’objet, l’œil est attiré vers cet ailleurs en mouvement, qui peut aussi bien être la pensée libérée qu’un chant qui se délie, ou une voix qui naît à elle-même dans ce qu’elle a de plus personnel.
Chromosome 2 meets the dancer perfectly plastic, technical mastery - this exceeded the implicit message and the art of leading the viewer to a possible - contemplative. The work is eminently musical, very resonant, pulsating. And it ad'ambivalent, like any successful implementation, it bears the imprint of a profound gentleness, a serene unity of composition. Beyond the beauty of the object, the eye is drawn to this elsewhere on the move, which can also be thought that a song released that loosens, or a voice that comes to itself in this that it more personal.
Inflorescence
La fleur n’est jamais loin du corps. L’éros n’est autre que la « rose ». Ronsard le savait bien. Ainsi la vie ne peut être tout à fait vie, si elle n’est fleur dans son essence. Entendons cette aptitude à donner la vie dans l’abandon, l’éloignement paradoxal des corps. Ici, la vie née à travers un partage nourricier, une abondance virginale. Point étonnant si la forme de l’objet se libère de la symétrie et semble implorer la « gaucherie », l’imparfait comme une conjugaison du beau et de l’équilibre. L’anormalité de l’inflorescence devient perfection dans ce quelle produit : un absolu de vie. Une terminaison florale. Une sorte d’offrande, une essence précieuse offerte à la nature – sublime. L’homme ne peut rien faire de mieux que de contempler la subtilité touchante de cette nature – souvent prise pour muette, aveugle et sourde. Alors que tous ses sens sont en éveil.
The flower is never far from the body. Eros is simply the "pink". Ronsard knew it. So life can be quite life, if it is in flower essence. Let this ability to give life in the abandonment, isolation paradox of the body. Here, life was born through a foster sharing, abundant virgin. Not surprising if the shape of the object is freed from symmetry and seems to implore the "awkward," imperfect as a combination of beauty and balance. The abnormality of the inflorescence which is perfection in this product: an absolute life. Floral termination. A kind of offering, offered a precious essence of nature - sublime. The man can do nothing better than to contemplate the subtle touching of this nature - often taken to mute, blind and deaf. While all the senses are awakened.
La porte de verre
Œuvre sublime en ce sens que son indicible beauté se nourrit de nos sens souvent tenus à l’écart. Cette œuvre se voit aussi bien qu’elle se touche, s’écoute (les matériaux raisonnent d’une matité sourde – le bronze, à une note sensible-le verre). Ici la transparence massive du minéral pourfend la frontalité de la porte. C’est un lieu de passage. Tout du moins une invitation à un ailleurs. Invitation à passer le pas. A quoi bon passer le cap si on n’ose déjà pas poser un pas ? L’artiste convoque ici notre bon sens : abandonner nos peurs – qui fonctionnent souvent en miroir du vécu, et tenter la traversée. Le passage. Pour cela bien sûr, il faut le vouloir. Même si l’œuvre facilité largement ce possible voyage, rien ne peut se faire sans notre vouloir. Notre participation sincère. Sorte de nouveau regard qui accepte d’oublier ce qu’il sait sur la création afin de ne pas ternir l’œuvre fragile, qui fait écho à la délicatesse…de la fleur.
Sublime work in that its ineffable beauty feeds our senses often left out. This work is seen as well as it is key, listen to (the materials of reason a dull matte - bronze, a leading note-glass). Here the transparency of the mineral mass slays the frontal door. It is a place of passage. At least one invitation to one elsewhere. Invitation to spend it. Why turn the corner if we dare not ask an already not? The artist summon our common sense here: let go of our fears - which often work mirrored the experience, and attempt the crossing. Passage. For this course, we must want it. Even if the work that can greatly ease travel, nothing can be done without our will. Our sincere participation. Kind of new look that takes to forget what he knows about the creation so as not to tarnish the fragile work, which echoes the delicacy of the flower ....